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DEUTSCHES REICHSchutztruppen SüdwestafrikaTroupes coloniales Allemandesen Afrique du sud-ouest |
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Quelques souvenirs d'un Alsacien engagé dans les Schutztruppen Südwestafrika.Mr Johannes J. de Colmar |
Voici tout d'abord son histoire militaire d'après un document du" Zentralnachweiseamt für Kriegerverluste und Kriegergräber "retraçant son parcour militaire , document en allemand daté du 25 juillet 1935. |
Service avant la guerre : 12/10/1899 au 20/09/1901 : 5 Komp. Inf. Reg. 112 - Mülhausen i. E. ( Mulhouse ) 10/08/1904 : 4. Prov. Kol. II. Kol Abtlg. ( Südwestafrika ) 15/05/1905 : Stab des II Kol. Abt.( Südwestafrika ) 06/06/1906 : 12 Komp. Regt. 2 ( Südwestafrika ) 14/01/1907 : Komp von Rappard ( Südwestafrika ) 13/06/1907 : Komp von Strahlke ( Südwestafrika ) 01/07/1907 : 12. Komp. ( Südwestafrika ) 01/04/1910 au 27/07/1914 : 2. Komp. Süd Wst Afrika. |
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Grades : 11/07/1901 : Gefreiter ( Appointé ) ( entre soldat de 1ère classe et caporal ) 01/04/1906 : Unteroffizier ( caporal chef ) 10/03/1908 : Sergeant ( sergent rengagé ou sergent-chef ) 20/10/1911 : Vizefeldwebel ( vice-adjudant ) |
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Johannes J. - 5 Kompagnie Infanterie Regiment 112 4. Badisches Infanterie-Regiment Prinz Wilhelm Nr.112 ( Mülhausen i. E. ) |
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Dans les affaires de Johannes J. j'ai retrouvé un curieux petit livre intitué " Notizbuch afrika ". Ecrit en Allemand par un Alsacien , il est difficile à lire et à traduire. J'ai donc fait appel à un ami spécialisé dans la traduction de ce genre d'ouvrages, Mr Xavier Orthlieb. Grace à sa connaissance de l'histoire militaire Allemande, tout devient beaucoup plus clair ! Je mets en ligne ici le texte réécrit en caractères modernes tel qu'il a été possible de le lire ainsi qu'une traduction en Français du texte qui se veut la plus fidèle possible de l'original. Un grand Merci à Xavier pour son aide très précieuse. |
Voici le livret ! |
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Notizbuch Afrika Notes d’Afrique Aufstand Rébellion Im Jahr 1904 bei dem Hereroaufstand wie sich so viele Freiwillige meldeten, war auch ich einer von denen, der sich meldete. En l’an 1904, lors du soulèvement des Héréros, beaucoup de volontaires s’étaient présentés pour s’engager ; j’étais l’un d’eux moi aussi.
Munster Lager Camp de Munster Am 10. August wurde ich nach dem Münster Lager einberufen. Da wurde die II. Kolonnen-Abteilung zusammengestellt. Wir übten uns zirka 10 Tage im Reiten und Schiessen. Le 10 août, je fus appelé au camp de Munster. C’est là qu’était constitué le 2 ème détachement de colonne de ravitaillement. Nous nous entraînâmes à monter à cheval et à tirer pendant dix jours |
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J.J. et un camarde Alsacien au camp de Munster i.H. ( Munster in Hannover ) ( de gauche à droite : Albert Lehrer (né en 1880 à Erstein), Johannes J. ) |
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Départ des troupes coloniales allemandes pour l'Afrique du sud-ouest ( actuellement la Namibie ) Abfahrt der Truppen nach Deutsch-Südwest-Afrika |
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Un agrandissement d'un détail de l'image précédente. |
Ausreise Voyage Am 20.August wurden wir 700 Männer und 300 Pferden in Hamburg auf der Silvia Hamburg Amerika Linie verladen. Le 20 août, nous embarquâmes à Hambourg avec 700 hommes et 300 chevaux sur la Silvia de la Hamburg Amerika Linie. In Höhe von Spanien hatten wir schwere See (Sturm). Das Wasser kam über Deck, die Koffer und Gewehre wurden festgebunden, da alles hin und her flog. Da wurden die meisten von der Seekrankheit heimgesucht, und da ging das Füttern der Schweinfische los! A la hauteur de l’Espagne, la mer était démontée (tempête). L’eau s’engouffrait sur le pont et il nous a fallu attacher les bagages et les fusils qui s’étaient envolé ça et là. Lors de cet épisode, la plupart des hommes tombèrent malades et la nourriture alla aux poissons ! Am 25. August machten wir in Las Palmas halt. Da wurden Kohlen eingenommen und die Besatzung durfte im Land, aber der spanische Wein und die schönen Mädchen verführten gleich verschiedene und diese kamen zu spät auf den Dampfer, so dass der Vater Philipp gleich stark besucht wurde! Le 25 août, nous fîmes escale à Las Palmas. Nous chargeâmes du charbon et l’équipage fut autorisé à débarquer. Mais le vin espagnol et les filles eurent tôt fait de distraire certains qui arrivèrent trop tard sur le vapeur… ce qui occasionna un afflux de visites inhabituel chez le père Philipp ! Am 5. September passierten wir den Äquator. Da erhielten wir die heilige Taufe und wurden zum Afrikaner getauft. Es wurde ein großes Bassin aufgebaut, dann voll Seewasser gemacht. Die Matrosen waren nackt und schwarz angestrichen und alle von uns, wir 20 Männer, mussten ins Wasser springen und wurden vom Meergott gesegnet. Wer nicht freiwillig ging wurde hinein geschmissen! Unter den Betten wurden welche vorgeholt… Auf der Fahrt sah man nichts wie Himmel und Wasser. Nur die Wahl-, Hai-, Schweine- und fliegende Fische, letztere flogen in Mannes Höhe nur kurze strecken. Einziges Zeichen, dass man nicht weit vom Land war, sah man auch Möwen. Dienst gab es auf dem Schiff: Zielen, Schiessen, Turnen, Singen, Instruktion, und Appell. Le 5 septembre nous passions l’équateur. C’est là que nous avons reçu notre baptême d’Africains. On construisit un grand bassin rempli d’eau de mer. Les marins étaient nus et peints en noir et nous, les 20 hommes, dûmes sauter dans l’eau pour être bénit par le dieu de la mer. Ceux qui n’y allèrent pas de leur plein gré furent jetés à l’eau. Il fallut en sortir certains de dessous les lits. Hormis les baleines, les requins et les poissons volants parcourant de courtes distances à hauteur d’homme, nous ne vîmes pendant la traversée que le ciel et l’eau. Unique indice que nous n’étions pas loin de la côte : la présence de mouettes. Nous étions en service même sur le bateau où nous poursuivions notre formation par de la visée, du tir, de la gymnastique ; nous chantions, participions à l’instruction et aux appels. |
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Schutztruppen Schirmmütze << photo d'un ami de Johannes J. avec une Schirmmütze identique. |
Landung Débarquement Am 12.September kamen wir nachts in Swakoppmund an. Das Schiff blieb 1 Km vom Land. Nun begann das Landen, wir wurden in Schaluppen verladen und die Flut musste uns an die kleine Mole treiben. Die Schaluppen verfehlten auch manchmal das Ziel und die ganze Besatzung nahm ein Bad! Eingeborene führten die Schaluppen. Tiere wurden mit Kränen auf Holzflöße verladen, zirka 900 Meter vom Land ins Wasser getrieben und schwammen so am Land. Da Standen Araber und Owambo welche die Tiere in die Krähle treiben. Nous arrivâmes à Swakopmund dans la nuit du 12 septembre. Le navire était resté à 1 kilomètre de la côte. C’est alors que commencèrent les opérations de débarquement. Nous fûmes transférés sur des chaloupes et le courant devait nous pousser jusqu’au môle. La chaloupe manquait parfois sa cible et tout l’équipage prenait un bain ! Des indigènes conduisaient les chaloupes. Les animaux furent déchargés sur des barges à l’aide de grues ; à 900 mètres du rivage ils étaient poussés à l’eau et devaient regagner la rive à la nage. Sur la côte se trouvaient des Arabes et des Ovambo qui conduisirent les animaux dans les enclos. |
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Préparation du déchargement des chevaux |
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Déchargement d'un cheval à l'aide d'une grue |
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Le Mole pendant une tempête. |
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Swakopmund en Namibie |
Unterkunft Logement In Swakopmund gelandet, kamen wir in Zelten und Blechbaraken. Häuser standen zirka 10 Stücke damals. Als nun die Wagen von der Silvia runter waren und Maultiere hatten, übten wir uns im Fahren und Reiten. Das Reiten war auf Maultieren ohne Sattel, da lagen wir mehr am Boden wie auf den Maultieren sitzen ! Une fois débarqués à Swakopmund, nous prîmes quartier dans des tentes et des baraques en tôle ondulée. Il y avait alors une dizaine d’habitations. Nous reprîmes nos exercices de conduite aussitôt les fourgons déchargés de la Silvia et attelés. Nous montions les mulets à cru de sorte que nous étions plus souvent assis par terre que sur leur dos ! |
Logement dans les tentes ( photo panoramamique, cliquez pour agrandir ) |
Ins Feld Entrée en campagne Ungefähr am 23. September ging es Kolonnenreise ins Feld. Jede Kolonne hatte 36 Wagen. Vor jeden Wagen 8 Maultiere und dazu kamen 2 bis 3 Männer. Vor der Kolonne ritt die Spitze, rechte und linke Seitenpatrouillen, auch Nachspitze. Einer von den 2 Männern am Wagen hatte die Leine und der andere die Schwippe. Sobald nun schweren Sand kam, musste der mit der Peitsche zu Fuss gehen. Es wurde immer abgewechselt. Aux alentours du 23 septembre, les colonnes se mirent en marche et prirent part à la campagne. Chaque colonne comptait 36 fourgons. Huit mulets étaient attelés au timon de chaque fourgon et deux à trois hommes constituait l’équipage. Deux cavaliers devançaient la colonne qui était flanquée à gauche comme à droite de patrouilles et suivie par une arrière-garde. L’un des deux hommes d’équipage tenait les rênes et l’autre le fouet. Dès que l’on s’enfonçait dans le sable, celui qui tenait le fouet devait descendre et marcher à pied. Nous descendions toujours à tour de rôle. |
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Colonne en marche dans une " mer de sable " |
Von Swakopmund fuhren wir etwa 15 km bis nach Nonidas. Bis dahin nur Sand, kein Halm Gras. Da wurde Halt gemacht, getränkt und geweidet. Beim Ausspannen gingen gleich welche durch, die wir nicht mehr einfangen konnten und so blieben die übrigen Wilden im Geschirr bis an dem Waterberg ! Die Tiere würden im Geschirr getränkt und gefüttert. Zum Einspannen waren manchmal 6 Männer erförderlich, da bekamen die Tiere, Stallleinen um dem Hals, und wurde die Lust abgezogen und im Liegen angeschirrt. Am Tage wurde geweidet und Nachts gefahren. Beim Weiden erste Zeit jeder Mann 4 Tiere an der Hand und nach Gras gerupft zum mitnehmen. Nous parcourûmes la quinzaine de kilomètres séparant Swakopmund de Nonidas. Entre ces deux points, une mer de sable, pas le moindre brin d’herbe. Nous fîmes halte pour abreuver les bêtes et les laisser paître. Certains mulets en profitèrent aussitôt pour s’échapper, nous ne pûmes les rattraper et par conséquent les sauvages petites bourriques restantes ne quittèrent plus leur harnais jusqu’au Waterberg ! C’est harnachées qu’elles reçurent dès lors eau et fourrage. Six hommes étaient parfois nécessaires pour atteler un mulet et alors seulement il recevait sa pitance, le licol autour du cou. Et une fois arrivé à satiété, il se couchait, toujours attaché. On laissait paître les bêtes pendant la journée et l’on voyageait de nuit. Au matin, la première chose à faire était de prendre chacun 4 bêtes et de les conduire au fourrage qu’on avait coupé. |
Auffahren Kolonne Quand la colonne s’arrête Beim Halt machen wurden die Wagen im Kreise aufgefahren, in der Mitte wurden die Picketpfähle geschlagen, Leinen gespannt und die Pferde daran gebunden. Innen an den Wagen wurden die Maultiere angebunden, damit wenn ein Tier los kam, nicht konnte so leist entlaufen. Die erste Stadt - nur etliche Häuser, hiess Karibib, die zweite Okahandja. Lorsque nous faisions une halte prolongée, nous formions avec les fourgons un cercle au centre duquel nous plantions des piquets pour y attacher les chevaux ; les mulets étaient également attachés à l’intérieur du cercle afin d’éviter qu’un animal ne s’échappe trop facilement s’il parvenait à se détacher. La première ville que nous rencontrâmes – à peine quelques maisons, s’appelait Karibib, la seconde Okahandja. |
Verladen Proviant Chargement du ravitaillement Okahandja war unser Hauptstation, dann von da wurde der Proviant verladen und zu den Feldtruppen nach dem Waterberg gefahren. Die erste Kolonnen Abteilung hatte Ochsen, waren aber nicht mehr marschfähig: die meisten Tiere tot und die Leute waren krank. Nun kam das schwierige mit den Weiden und Tränken. Vor Okahandja bis nach Odjosondu war alles abgebrannt, kein Halm Gras in der Nähe der Wasserstellen, alles schwarz. (page 7) Des Nachts sah man nur immer grosse Feuer (also Grasbrant). In den Brunnen lagen tote Tiere und das Wasser stank und war gelb. Damit die Tiere nicht eingingen, halten wir [von den Hererowerften (?)] das Gras von den Pantoks herunter. Innen war es schwarz vom Rauch, denn die Leute kochen in den Pantoks, auch war das Gras foll Feldwanzen, so dass es die Tiere kaum frassen. Auf den Wagen wurde auch mitgenommen und so stank der Wagen und auch wir nach Rauch und Wanzen. Notre poste principal était Okahandja où nous chargeâmes le ravitaillement destiné aux troupes combattantes dans le secteur du Waterberg. Le premier détachement de colonne de ravitaillement disposait de bœufs qui n’étaient malheureusement plus aptes au service : la plupart des bêtes étaient mortes et les hommes étaient malades. Les difficultés survinrent lorsqu’il s’agit d’abreuver les bêtes et de les faire paître. D’Okahandja jusqu’au-delà de Odjosondu tout était brûlé, pas le moindre brin d’herbe autour des points d’eau, tout était noir. Durant la nuit on voyait sans cesse de grands feux (des feux de broussailles donc). Des bêtes mortes gisaient au fond des puits dont l’eau était jaune et nauséabonde. Afin que nos bêtes ne dépérissent pas, nous descendîmes la paille qui couvrait les pantoks des Herero [NDT : sorte de cases, forme local d’habitat]. Les bêtes en mangèrent peu : elle était noire à l’intérieur car les gens cuisinaient dans les pantoks et pleine de poux. Nous en chargeâmes dans les fourgons. Très vite les hommes et le matériel puèrent la fumée et furent envahis par les poux eux aussi. |
à suivre .... Fortsetzung folgt .... |